Les Carnets d’Ivy est un espace dédié à la nature, aux animaux et aux petites histoires qui traversent le temps. Au fil des pages, je partage des articles inspirés par les saisons, les légendes, l’histoire et les curiosités du quotidien. Entre récits, anecdotes et inspirations créatives, ce blog est une invitation à ralentir, observer et redécouvrir la beauté des détails qui nous entourent.
Corée du Sud — Septembre, la pleine lune de Chuseok
En Corée, l’automne commence par l’une des fêtes les plus importantes de l’année : Chuseok. Son nom signifie « soirée d’automne » et cette célébration a lieu autour de la pleine lune, au moment des récoltes. Les familles se réunissent, préparent des mets avec les premiers fruits de la saison et rendent hommage à leurs ancêtres. On visite aussi les tombes familiales pour les entretenir, enlever les mauvaises herbes et déposer des offrandes simples. Chuseok est une fête de gratitude : on remercie la terre pour le riz, les fruits et les légumes qu’elle a donnés, mais aussi les générations qui ont vécu avant nous. Lorsque la lune apparaît, grande et claire dans le ciel, elle semble réunir les personnes présentes et celles dont on garde le souvenir. Dans un carnet d’automne, Chuseok peut devenir une scène paisible : une table garnie de poires, de kakis et de châtaignes, une maison éclairée, des montagnes sombres au loin et une pleine lune silencieuse au-dessus des champs. C’est une page lumineuse pour célébrer les récoltes, la famille et le sentiment de gratitude qui accompagne les derniers jours doux de septembre.
Corée du Sud — Les ginkgos d’or d’octobre
En octobre, les arbres de ginkgo transforment les rues, les temples et les jardins de Corée en paysages dorés. Leurs feuilles en forme d’éventail deviennent jaune vif avant de tomber et de former au sol un tapis de lumière. Le ginkgo est un arbre très ancien, parfois surnommé « fossile vivant », et sa longue existence en fait un symbole de force, de patience et de mémoire. Certains ginkgos poussent depuis des siècles près des villages ou des sanctuaires ; ils semblent avoir vu passer tant d’automnes qu’ils sont devenus presque des gardiens silencieux. Dans la tradition coréenne, des arbres anciens peuvent être associés à l’histoire et à la protection d’un lieu. Une légende évoque même un couple de ginkgos séparé par l’histoire, mais toujours lié par une cérémonie symbolique tournée vers la paix. Observer les feuilles de ginkgo tomber lentement rappelle que l’automne n’est pas seulement une saison qui finit : il est aussi un moment où la nature offre ses couleurs les plus éclatantes. Dans un carnet, on peut imaginer un vieux ginkgo immense, aux branches pleines d’oiseaux, laissant flotter autour de lui des milliers de petits éventails d’or.
Corée du Sud — Les dokkaebi, esprits farceurs de la nuit
Les dokkaebi sont des créatures célèbres du folklore coréen. On les traduit parfois par « gobelins », mais ils ne ressemblent pas vraiment aux monstres effrayants des histoires occidentales. Les dokkaebi sont surtout des esprits farceurs, puissants et imprévisibles. Ils aiment apparaître la nuit, faire rire, jouer des tours aux voyageurs, récompenser les personnes généreuses ou punir celles qui se montrent avides. Dans certains contes, ils possèdent une massue magique capable de faire apparaître de l’or, du riz ou toutes sortes de trésors. Ils peuvent aussi aimer la musique et les défis : un humain courageux qui accepte de danser ou de lutter avec eux peut gagner leur respect. Les dokkaebi sont des êtres imaginaires très présents dans les récits coréens. Pendant les nuits fraîches de novembre, lorsque le vent fait bouger les portes en bois et que les ombres s’étirent dans les ruelles, on pourrait croire qu’un dokkaebi se cache derrière une jarre, sous un vieux pont ou près d’un marché endormi. Leur légende apporte une touche amusante à l’automne : le monde invisible n’est pas toujours sombre, il peut aussi être espiègle, bruyant et plein de surprises.
Corée du Sud — Le renard à neuf queues dans la forêt rouge
Dans les légendes coréennes, le kumiho est un renard qui a vécu très longtemps et qui possède neuf queues. Avec le temps, il a acquis des pouvoirs magiques et la capacité de prendre une apparence humaine, souvent celle d’une femme élégante et mystérieuse. Certaines histoires le présentent comme une créature dangereuse, capable de tromper les voyageurs ; d’autres racontent qu’un kumiho peut chercher à devenir véritablement humain en apprenant la compassion et la bonté. Cette ambiguïté rend la légende fascinante : le renard n’est jamais seulement bon ou mauvais, il représente aussi les secrets du cœur, les transformations et les apparences trompeuses. À l’automne, il est facile d’imaginer le kumiho traversant une forêt de pins et d’érables rouges, son pelage brillant parmi les feuilles tombées. Il avance sans bruit, puis disparaît derrière un rocher avant que l’on ait le temps de le regarder vraiment. Dans un carnet, le renard à neuf queues peut symboliser la part mystérieuse de la saison : les chemins brumeux, les rencontres inattendues et les choses que l’on aperçoit seulement du coin de l’œil. Il rappelle que les forêts d’automne gardent toujours quelques secrets, même lorsque les arbres semblent devenir plus transparents.
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